Le paysage audiovisuel français connaît une mutation profonde depuis l’arrivée de la TNT en 2005, puis l’émergence des plateformes de streaming dans les années 2010. Pourtant, malgré cette fragmentation croissante de l’offre télévisuelle, certaines chaînes continuent de cristalliser l’attention de millions de téléspectateurs quotidiennement. Avec près de 3h39 de consommation télévisuelle moyenne par jour et un taux d’équipement qui reste autour de 86% des foyers français, la télévision demeure un média central dans la vie culturelle et informationnelle des Français. Comprendre quelles chaînes dominent ce paysage concurrentiel permet non seulement de saisir les dynamiques médiatiques actuelles, mais aussi d’anticiper les évolutions futures d’un secteur en pleine transformation digitale.

Les chaînes généralistes historiques du paysage audiovisuel français

Les chaînes généralistes historiques constituent l’épine dorsale du système télévisuel français depuis des décennies. Leur modèle économique repose sur une programmation diversifiée destinée à toucher le public le plus large possible, alternant information, divertissement, fiction et sport. Ces chaînes captent encore aujourd’hui plus de 60% de l’audience totale, malgré la multiplication des offres alternatives. Leur force réside dans leur capacité à créer des rendez-vous quotidiens ancrés dans les habitudes des téléspectateurs, du journal télévisé aux grandes soirées de fiction.

TF1 : leadership publicitaire et stratégie de programmation prime-time

TF1 conserve sa position de leader avec une part d’audience de 19,7% en 2021, malgré une concurrence accrue. Cette performance s’explique par une stratégie de programmation ciblant massivement le prime-time, avec des événements sportifs comme le match France-Suisse de l’Euro 2021 qui a réuni plus de 16 millions de téléspectateurs. La chaîne du groupe Bouygues capitalise également sur ses créations originales comme la série HPI, qui enregistre régulièrement des audiences supérieures à 7 millions de téléspectateurs par épisode.

Le modèle économique de TF1 repose essentiellement sur la publicité, ce qui l’oblige à maximiser constamment ses audiences pour maintenir ses tarifs publicitaires. Cette contrainte explique une programmation parfois accusée de racolage, privilégiant les formats populaires aux contenus plus exigeants. Toutefois, TF1 investit massivement dans ses infrastructures techniques et ses capacités de production, avec un passage progressif à la diffusion HD et UHD pour maintenir son avantage concurrentiel face aux nouveaux entrants du marché audiovisuel.

France 2 : service public et grille éditoriale d’information

Avec 14,7% de part d’audience, France 2 occupe solidement la deuxième place du classement national. La chaîne publique a enregistré ses meilleures audiences grâce au Tournoi des Six Nations de rugby et à sa couverture exceptionnelle des Jeux Olympiques de Tokyo durant l’été 2021. Cette performance illustre la capacité de France 2 à mobiliser des moyens considérables pour couvrir les grands événements sportifs et culturels, mission inscrite dans son cahier des charges de service public.

Au-delà du sport, France 2 structure sa grille autour d’émissions emblématiques comme Télématin le matin, les journaux télévisés de 13h et 20h, et des magazines d’investigation tels qu’Envoyé Spécial ou Complément d’Enquête. Ces programmes d’

information incarnent la mission de service public de la chaîne. France 2 s’est imposée comme un repère en matière de débats de société, de documentaires historiques à forte valeur ajoutée – on pense à des programmes comme Apocalypse – et de grands rendez-vous culturels tels que Rendez-vous en Terre Inconnue ou Cash Investigation. À l’ère des réseaux sociaux et de la fake news, cette grille éditoriale centrée sur la pédagogie, le décryptage et l’investigation constitue un marqueur fort de différenciation face aux chaînes privées généralistes.

Pour le téléspectateur, France 2 reste ainsi une chaîne incontournable lorsqu’il s’agit de suivre les grandes soirées politiques, les documentaires de référence ou les fictions françaises de qualité. La montée en puissance de la diffusion en HD puis en 4K sur certains événements (comme les Jeux Olympiques) traduit également la volonté du service public de rester à la pointe de l’innovation technique, tout en garantissant une accessibilité maximale sur la TNT et les plateformes numériques.

France 3 : maillage territorial et décrochages régionaux

Souvent perçue comme la chaîne de la proximité, France 3 joue un rôle clé dans le maillage territorial du paysage audiovisuel français. Son originalité tient à ses 24 antennes régionales qui produisent quotidiennement des journaux locaux (Ici 12/13 et Ici 19/20), des magazines et des reportages ancrés dans la vie des territoires. Cette capacité de décrochage régional en fait un outil unique de cohésion nationale, particulièrement apprécié lors de crises locales, d’élections ou de grands événements culturels régionaux.

Sur le plan des audiences, France 3 se maintient à un niveau solide avec environ 9,4 % de part d’audience annuelle, portée par des fictions populaires comme Capitaine Marleau ou Plus belle la vie qui ont marqué durablement l’imaginaire collectif. La chaîne capitalise sur un positionnement mêlant patrimoine, histoire, culture régionale et divertissement familial. Pour vous, téléspectateur, France 3 est souvent la meilleure porte d’entrée vers l’actualité de votre région, tout en proposant des soirées thématiques (documentaires, concerts, événements patrimoniaux) qui renforcent son image de chaîne de proximité et de service.

M6 : positionnement jeune et programmation lifestyle

Quatrième chaîne la plus regardée en France avec environ 9,2 % de part d’audience, M6 a construit son identité sur un positionnement plus jeune et plus lifestyle que ses concurrentes historiques. Longtemps associée aux séries américaines et aux émissions de télé-réalité pionnières, la chaîne a su se réinventer autour de formats de coaching et de consommation : Top Chef, L’Amour est dans le Pré, Recherche appartement ou maison ou encore Capital figurent parmi les programmes les plus emblématiques et les plus fédérateurs de la chaîne.

Ce choix éditorial répond à une logique claire : accompagner le quotidien des téléspectateurs en leur proposant à la fois du divertissement et des contenus pratiques (cuisine, rénovation, immobilier, pouvoir d’achat). M6 a ainsi réussi à s’imposer comme une chaîne de référence en prime-time sur les cibles commerciales, particulièrement les 25-49 ans. Pour un annonceur comme pour un téléspectateur à la recherche de formats dynamiques et incarnés, M6 reste l’une des chaînes françaises incontournables.

Les chaînes thématiques d’information en continu

En parallèle des grandes chaînes généralistes, les chaînes d’information en continu se sont imposées comme des acteurs centraux du paysage audiovisuel français. Elles répondent à un besoin croissant de suivi en temps réel de l’actualité, qu’il s’agisse de politique, d’économie, de faits divers ou de crises internationales. Leur modèle repose sur un flux continu d’images, de plateaux, de débats et de breaking news, largement relayés sur le numérique et les réseaux sociaux.

Pour vous, ces chaînes sont devenues des réflexes quotidiens : on les allume le matin pour faire le point sur l’actualité, on les consulte lors d’un événement majeur, on les suit parfois en fond sonore. Mais derrière ce réflexe, chaque chaîne d’info développe une ligne éditoriale, un ton et un modèle économique propre, qui conditionnent fortement la manière dont l’actualité est traitée et priorisée.

BFM TV : modèle économique du flux continu et breaking news

Leader incontesté des chaînes d’information en continu, BFM TV affiche autour de 2,9 % de part d’audience, loin devant ses concurrentes directes. Son succès repose sur un modèle très clairement orienté vers le breaking news et le direct permanent. En cas d’événement majeur – attentat, crise politique, catastrophe naturelle – BFM TV est souvent la première chaîne que l’on allume pour suivre, minute par minute, l’évolution de la situation. Ce positionnement lui permet de capter des pics d’audience impressionnants, même si la chaîne est parfois critiquée pour une forme de surenchère spectaculaire.

Économiquement, BFM TV fonctionne principalement grâce à la publicité, appuyée par un coût de grille relativement maîtrisé : beaucoup de temps d’antenne est occupé par des plateaux en studio, des duplex et des débats, moins coûteux que la production de fictions ou de grands divertissements. Pour le téléspectateur, le principal avantage est la disponibilité de l’information en permanence, sur la TNT comme en streaming, avec une forte présence sur les applications mobiles et les réseaux sociaux.

Cnews : ligne éditoriale et stratégie de talk-shows

CNews, appartenant au groupe Bolloré, a choisi une voie différente en misant fortement sur les plateaux d’opinion et les talk-shows. Sa ligne éditoriale assumée, souvent positionnée à droite voire à droite de la droite, se traduit par une large place accordée aux éditorialistes, aux chroniqueurs et aux débats polarisés. Cette stratégie a permis à la chaîne de tripler son audience en quelques années, pour atteindre environ 2 % de part d’audience en 2021, se rapprochant de BFM TV sur certains créneaux horaires.

Concrètement, CNews fonctionne un peu comme une radio filmée : les émissions sont structurées autour de grandes tranches incarnées par des journalistes-animateurs, avec des invités récurrents et un ton très conversationnel. Cela séduit une partie du public à la recherche de points de vue tranchés et de débats de société sans filtre. En contrepartie, la chaîne fait l’objet de controverses et de mises en garde du régulateur (Arcom) concernant le respect du pluralisme et des règles déontologiques. Pour vous, téléspectateur, il est donc essentiel de garder un regard critique sur cette offre éditoriale très marquée.

LCI : intégration multiplateforme et couverture événementielle

Longtemps payante, LCI (La Chaîne Info) a basculé en clair sur la TNT pour tenter de rattraper son retard en audience. Adossée au groupe TF1, elle mise sur une approche plus institutionnelle de l’actualité, avec un soin particulier apporté aux grands rendez-vous politiques (élections, débats, interviews d’acteurs clés). LCI occupe environ 1,1 % de part d’audience, mais bénéficie d’une forte visibilité grâce aux synergies avec TF1 et aux reprises régulières de ses extraits sur le numérique.

Stratégiquement, LCI cherche à se positionner comme une chaîne d’analyse et de décryptage plutôt que de pur breaking news. Elle investit dans des magazines thématiques, des soirées spéciales et une présence renforcée sur les plateformes digitales du groupe TF1. Pour un téléspectateur qui souhaite aller au-delà du simple fil d’info et comprendre les enjeux de fond d’une réforme, d’une crise internationale ou d’une élection, LCI constitue une alternative intéressante, particulièrement sur les grands événements où elle déploie des dispositifs éditoriaux ambitieux.

France info : convergence radio-télévision et fact-checking

Lancée en 2016, la chaîne franceinfo: représente un laboratoire de la convergence entre radio, télévision et numérique au sein de France Télévisions et Radio France. Diffusée sur la TNT, mais aussi sur le web et en mobilité, elle mutualise les forces des rédactions radio et télé pour proposer un flux continu d’info, complété par des modules de décryptage et de fact-checking. Son positionnement de chaîne publique d’information impose un haut niveau d’exigence en termes de fiabilité, de pluralisme et de pédagogie.

France Info se distingue par ses rendez-vous réguliers de vérification des faits, particulièrement utiles à l’heure où les rumeurs et intox circulent massivement sur les réseaux sociaux. Sa grille alterne journaux, reportages, rubriques thématiques (économie, international, culture) et magazines courts, dans un format visuel adapté à la consommation sur écran TV comme sur smartphone. Pour vous, c’est une bonne porte d’entrée si vous recherchez une information concise, sourcée et moins axée sur la dramaturgie des images que certaines chaînes privées.

Les chaînes TNT gratuites à forte audience

Au-delà des grandes généralistes et des chaînes d’info, la TNT gratuite a vu émerger plusieurs chaînes secondaires capables de réaliser des audiences significatives. Ces chaînes, souvent issues des grands groupes (TF1, M6, Canal+), jouent un rôle de complément éditorial et permettent de segmenter davantage le public. Elles se concentrent sur le divertissement, les séries, les films et parfois la télé-réalité, avec un modèle économique très orienté vers la publicité.

Pour le téléspectateur, ces chaînes TNT représentent une alternative attractive lorsque les grandes chaînes historiques ne proposent pas de programme intéressant en prime-time. Elles offrent aussi des fenêtres de rediffusion pour les séries à succès, des films populaires, et des programmes de flux (talk-shows, jeux, télé-réalité) qui ciblent souvent un public plus jeune ou plus urbain.

W9 : programmation divertissement et séries américaines

W9, filiale du groupe M6, s’est imposée comme une chaîne de référence pour le divertissement et les séries américaines grand public. Elle propose un mélange de téléréalité, de séries cultes, de films de catalogue et de soirées musicales. Longtemps positionnée comme une chaîne musicale, W9 a progressivement élargi son offre pour capter une audience plus large en prime-time, notamment via des programmes comme Les Marseillais, des soirées cinéma ou des retransmissions de matchs de football européens.

Son atout principal réside dans sa capacité à recycler intelligemment les contenus du groupe M6 et à construire des rendez-vous récurrents à forte valeur commerciale. Pour vous, W9 est typiquement la chaîne vers laquelle on se tourne quand on cherche une soirée légère, entre humour, téléréalité et blockbusters. Elle illustre bien la manière dont la TNT gratuite permet de diversifier la consommation télévisuelle sans recours à un abonnement payant.

TMC : téléréalité française et production originale

TMC, propriété du groupe TF1, a connu une montée en puissance remarquable grâce à une stratégie mêlant rediffusions de programmes TF1 et créations originales. La chaîne a notamment trouvé son public avec l’émission Quotidien, talk-show d’actualité et de divertissement qui attire chaque soir plusieurs millions de téléspectateurs et génère une forte visibilité sur les réseaux sociaux. TMC diffuse également des séries, des téléfilms et des émissions de téléréalité ou de docu-réalité, ciblant en priorité un public urbain et connecté.

Cette combinaison de contenus issus du catalogue TF1 et de productions spécifiques permet à TMC de se positionner comme une chaîne hybride, à mi-chemin entre généraliste et thématique. Pour le téléspectateur, elle représente une alternative crédible au prime-time de TF1, en particulier si vous recherchez des programmes plus axés sur l’info décalée, la satire ou les soirées cinéma. L’essor de TMC confirme la stratégie des grands groupes consistant à occuper plusieurs canaux TNT pour maximiser leur présence globale.

C8 : talk-shows controversés et stratégie d’audience tardive

C8, autre chaîne majeure de la TNT, appartient au groupe Canal+ (Bolloré). Elle s’est fait connaître du grand public grâce à des talk-shows quotidiens comme Touche pas à mon poste (TPMP), qui occupent une large tranche de l’access prime-time et de la soirée. La chaîne mise sur une ambiance de bande, des débats souvent houleux, et une forte interaction avec les réseaux sociaux. Cette stratégie d’audience tardive vise à capter les téléspectateurs en quête de divertissement après 21 heures, sur des formats parfois dépassant minuit.

En termes d’image, C8 suscite cependant des réactions contrastées : si une partie du public apprécie le ton libre et le côté sans filtre, d’autres dénoncent un manque de rigueur éditoriale et des dérapages réguliers. Pour vous, l’enjeu est de savoir ce que vous recherchez en allumant C8 : un divertissement assumé, parfois controversé, ou une information structurée. Dans tous les cas, la chaîne illustre la manière dont la TNT gratuite peut être utilisée pour développer des marques de programmes très fortes, au cœur de la stratégie globale d’un groupe.

Les chaînes culturelles et documentaires de référence

À côté des chaînes très orientées vers l’audience et le divertissement, le paysage audiovisuel français compte plusieurs chaînes culturelles et documentaires qui jouent un rôle essentiel dans la diffusion du savoir, de la création et du patrimoine. Elles ne sont pas toujours en tête des audiences, mais bénéficient d’une excellente image auprès du public et des pouvoirs publics. Ces chaînes constituent une forme de service public élargi, qu’elles soient publiques ou privées, en proposant des contenus exigeants, souvent absents des grandes généralistes.

Pour vous, elles représentent une opportunité de varier vos consommations : découvrir un documentaire d’investigation, une série d’auteur européenne, un magazine scientifique ou historique peut apporter une valeur ajoutée bien supérieure à un simple divertissement de flux. Encore faut-il savoir où chercher et comprendre la spécificité de chacune de ces chaînes.

Arte : coproductions européennes et documentaires d’investigation

Arte occupe une place singulière parmi les chaînes françaises incontournables. Fruit d’un partenariat franco-allemand, elle se consacre à la culture, au documentaire et au cinéma d’auteur, avec une forte dimension européenne. Si son audience moyenne reste modeste par rapport aux grandes généralistes, son image est excellente : plus de 80 % des Français déclarent avoir une bonne opinion de la chaîne. Arte est souvent citée comme un modèle de télévision exigeante, ouverte sur le monde, et engagée.

Sa grille est structurée autour de grandes soirées thématiques (documentaires d’enquête, cinéma d’auteur, séries européennes), de magazines culturels et de captations de spectacles vivants. Arte est aussi très en avance sur le numérique avec sa plateforme Arte.tv, qui propose de nombreux contenus en avant-première et en replay étendu. Pour un téléspectateur curieux, c’est la chaîne idéale pour découvrir des oeuvres que vous ne trouverez ni sur TF1 ni sur Netflix, qu’il s’agisse de documentaires d’investigation, de séries scandinaves ou de films indépendants.

France 5 : programmation éducative et émissions scientifiques

France 5, chaîne du groupe France Télévisions, s’est spécialisée dans les documentaires, les magazines de société et les émissions éducatives. Elle occupe une cinquième place honorable en audience avec environ 3,3 % de part de marché, mais surtout, elle bénéficie d’une cote d’amour très élevée dans les baromètres qualitatifs. Des programmes comme C dans l’air, C à vous, Les maternelles ou Échappées belles sont devenus des rendez-vous incontournables pour un public en quête d’analyse, de pédagogie et d’évasion.

La chaîne accorde également une place importante à la vulgarisation scientifique et médicale, via des magazines spécialisés et des documentaires de fond. Pour vous, France 5 est l’une des meilleures options si vous cherchez à comprendre les enjeux de société, les questions de santé, d’environnement ou d’éducation, sans sacrifier la qualité de la réalisation et du traitement éditorial. Elle illustre parfaitement la mission d’un service public qui éclaire autant qu’il divertit.

RMC découverte : documentaires techniques et programmes historiques

RMC Découverte, chaîne de la TNT appartenant au groupe Altice, s’est rapidement taillé une réputation dans le domaine des documentaires techniques et historiques. Sa programmation repose sur des séries documentaires consacrées aux grandes constructions, aux enquêtes scientifiques, aux véhicules, à l’aviation, mais aussi à l’histoire militaire ou aux grands faits divers. Des formats comme Top Gear (version britannique) ou des séries sur les mégastructures et les chantiers géants figurent parmi ses locomotives d’audience.

La chaîne cible en priorité un public masculin et technophile, mais son catalogue reste accessible à tous ceux qui s’intéressent à la mécanique, à l’ingénierie ou à l’histoire moderne. Pour vous, RMC Découverte peut rapidement devenir addictive si vous appréciez les programmes qui expliquent comment ça marche ou qui revisitent les grands événements du XXe siècle avec des reconstitutions et des archives rares. Elle prouve que la TNT peut aussi offrir des contenus documentaires de qualité sans passer par un abonnement payant.

Les chaînes du groupe canal+ et offres premium

Le groupe Canal+ occupe une position à part dans le paysage audiovisuel français : acteur historique de la télévision payante, il combine des chaînes premium cryptées, des chaînes gratuites (C8, CNews), des services de vidéo à la demande et des accords de distribution avec d’autres plateformes. Pour les amateurs de cinéma récent, de séries exclusives ou de grands événements sportifs, Canal+ reste un passage quasi obligé, même si la concurrence des plateformes de streaming a rebattu les cartes.

Comprendre la logique du groupe Canal+, c’est comprendre comment se structure aujourd’hui l’offre premium française : exclusivités, fenêtres de diffusion, coproductions de séries originales, mais aussi synergies entre chaînes gratuites et payantes pour maximiser l’exposition des programmes et la valeur de la marque.

Canal+ : cinéma en exclusivité et production de séries originales

Canal+ est historiquement la chaîne du cinéma et du sport. Son modèle repose sur un abonnement payant donnant accès à des films récents en première exclusivité télévisuelle, à des séries internationales prestigieuses et à des compétitions sportives majeures. La chaîne a aussi développé une forte identité éditoriale avec ses Créations Originales – séries françaises produites ou coproduites par Canal+, comme Engrenages, Le Bureau des Légendes ou plus récemment OVNI(s). Ces séries ont largement contribué à asseoir la réputation de Canal+ comme acteur majeur de la fiction française de qualité.

Pour l’abonné, l’intérêt de Canal+ réside dans ce mélange d’exclusivités cinéma, de production originale et de sport (football, rugby, Formule 1 selon les droits détenus à un instant T). C’est un peu l’équivalent d’un package premium : si vous êtes cinéphile ou sérivore, la chaîne reste difficilement contournable, d’autant plus qu’elle est désormais accessible via myCanal sur de nombreux écrans (smart TV, box, mobile, tablette).

C8 et CNews : synergie éditoriale du groupe bolloré

C8 et CNews, mentionnées plus haut, s’inscrivent dans la stratégie globale du groupe Canal+ (contrôlé par le groupe Bolloré) d’occuper à la fois le terrain gratuit et le terrain payant. C8 sert de vitrine pour certains talents ou formats qui peuvent ensuite irriguer d’autres antennes ou plateformes du groupe, tandis que CNews permet d’exister sur le segment très visible de l’info en continu. Cette synergie éditoriale permet des passerelles d’animateurs, de chroniqueurs et de programmes entre chaînes, renforçant la présence de la marque Canal dans le quotidien des téléspectateurs, même non abonnés.

Pour vous, cela signifie que l’univers Canal+ ne se limite pas à la chaîne cryptée : vous pouvez vous familiariser avec ses visages et son ton via C8 et CNews, puis éventuellement franchir le pas de l’abonnement pour accéder aux contenus premium. D’un point de vue stratégique, cette approche rappelle celle des grandes plateformes qui utilisent des offres gratuites ou freemium comme porte d’entrée vers des abonnements plus complets.

Canal+ séries : catalogues HBO et showtime en version française

Canal+ Séries, déclinaison thématique du groupe, se concentre sur la diffusion de séries, en particulier les catalogues issus de partenaires prestigieux comme HBO ou Showtime, doublés ou sous-titrés en français. On y retrouve des œuvres emblématiques telles que Game of Thrones, Succession, Billions ou Homeland, aux côtés des créations originales de Canal+. Pour un public francophone souhaitant accéder légalement et en bonne qualité à ces séries américaines très convoitées, Canal+ Séries reste une solution privilégiée.

Dans un contexte de concurrence accrue avec des acteurs comme Netflix, Prime Video ou Disney+, Canal+ mise sur ces accords de distribution exclusifs et sur ses coproductions pour maintenir la valeur perçue de son offre. Pour vous, l’enjeu est de comparer les catalogues et les exclusivités : si votre priorité est d’avoir accès rapidement aux grandes séries américaines en version française, Canal+ Séries peut être un complément pertinent à une ou plusieurs plateformes de SVOD.

Les plateformes de streaming français et SVOD locale

La dernière décennie a vu l’essor massif des plateformes de streaming, qui concurrencent directement la télévision traditionnelle, mais aussi l’enrichissent en multipliant les modes d’accès aux contenus. En France, plusieurs acteurs locaux ont émergé pour proposer une alternative ou un complément aux géants internationaux. Leur objectif : capitaliser sur le catalogue des chaînes françaises, proposer du replay étendu, des fonctionnalités avancées (cloud, enregistrement, multiécran) et parfois des contenus originaux.

Pour vous, ces plateformes représentent un moyen de reprendre la main sur votre consommation télévisuelle : vous ne dépendez plus des horaires de diffusion, vous pouvez enregistrer dans le cloud, reprendre un film là où vous l’avez laissé sur un autre appareil, ou découvrir des programmes que vous aviez manqués en linéaire. Mais toutes ne se valent pas et chacune a ses spécificités.

Mycanal : agrégation de contenus et expérience utilisateur multiécran

myCanal est la plateforme de streaming et d’agrégation de contenus du groupe Canal+. Accessible via abonnement, elle permet de regarder en direct ou à la demande l’ensemble des chaînes Canal+, mais aussi de nombreuses chaînes partenaires (TNT, thématiques, sport, cinéma, séries). L’un de ses principaux atouts réside dans la qualité de son interface, régulièrement saluée pour sa fluidité, sa personnalisation et sa capacité à gérer plusieurs profils utilisateurs.

myCanal offre également des fonctionnalités avancées comme le téléchargement hors ligne, le contrôle du direct, le multi-live (pour suivre plusieurs matchs en simultané) ou encore des recommandations éditorialisées. Pour vous, si vous êtes déjà abonné Canal+ ou si vous envisagez de le devenir, myCanal est le point d’entrée central pour accéder à vos contenus, que ce soit sur TV, smartphone, tablette ou ordinateur. C’est une illustration parfaite de la manière dont un acteur historique de la télévision payante se transforme en plateforme de streaming à part entière.

Molotov TV : interface cloud et enregistrement DVR en ligne

Molotov TV s’est imposée comme l’un des pionniers français de la télévision en streaming OTT (Over-The-Top). Sa proposition de valeur est simple : regrouper la plupart des chaînes gratuites (et certaines payantes) dans une interface unique, avec un système d’enregistrement dans le cloud qui remplace le traditionnel décodeur DVR. Vous pouvez ainsi marquer un programme, le mettre en favoris, l’enregistrer pour plus tard, et y accéder depuis n’importe quel appareil connecté.

Molotov fonctionne sur un modèle freemium : l’accès de base aux chaînes gratuites est offert, mais des options payantes permettent d’ajouter des chaînes premium, d’augmenter la capacité d’enregistrement ou de bénéficier de la HD ou 4K sur certains supports. Pour vous, c’est une solution très pratique si vous souhaitez couper le cordon avec un opérateur traditionnel tout en gardant un accès simple et légal aux chaînes françaises incontournables, avec en prime des fonctionnalités de confort avancées (replay étendu, start-over, profils multi-utilisateurs).

Salto : alliance france Télévisions-TF1-M6 et replay étendu

Salto, lancé comme une plateforme commune à France Télévisions, TF1 et M6, avait pour ambition de proposer une alternative française aux géants de la SVOD internationale. Son catalogue mêlait replay étendu des principales chaînes, avant-premières de séries françaises, fictions patrimoniales et quelques acquisitions étrangères. Sur le papier, l’idée était séduisante : centraliser en un seul endroit une grande partie de l’offre de télévision française, avec des fonctionnalités modernes de streaming.

Dans les faits, Salto a peiné à trouver son public face à la concurrence de Netflix, Amazon Prime Video ou Disney+, bénéficiant de catalogues plus vastes et plus internationaux. L’initiative illustre toutefois une tendance de fond : les groupes audiovisuels français cherchent à coopérer pour peser davantage dans l’univers du streaming et préserver la valeur de leurs catalogues. Pour vous, même si Salto a cessé ses activités, cette expérience annonce sans doute d’autres formes d’alliances ou de plateformes communes à venir, où la frontière entre télévision linéaire et SVOD locale deviendra de plus en plus floue.