Dans le paysage audiovisuel français, certaines personnalités transcendent leur simple fonction pour devenir de véritables institutions. Faustine Bollaert incarne parfaitement cette trajectoire exceptionnelle, passant d’une chroniqueuse prometteuse à l’animatrice préférée des Français en 2023, une première historique pour une femme dans ce classement prestigieux. Son parcours illustre une évolution remarquable du métier d’animateur, où l’authenticité et la bienveillance remplacent progressivement le simple divertissement. Avec plus de 27 000 votants interrogés par TV Magazine en décembre 2025, les résultats témoignent d’une relation particulière entre le public et cette professionnelle qui a su créer un lien unique avec les téléspectateurs, même si elle occupe désormais la quatrième position du classement avec 39,8% des suffrages.
Le parcours médiatique de Sophie Davant : de France 2 à TF1
L’ascension de Faustine Bollaert dans le monde de la télévision française constitue un exemple fascinant de détermination et d’adaptabilité. Née Faustine Brigitte Suzanne Faraggi, elle a choisi d’adopter le nom de scène Bollaert en hommage à sa lignée maternelle, dont l’arrière-grand-oncle Félix Bollaert a donné son nom au célèbre stade du Racing Club de Lens. Cette décision symbolique marquait déjà sa volonté de construire une identité professionnelle forte et mémorable, essentielle dans un secteur aussi concurrentiel que l’audiovisuel français.
Les débuts à Télématin et la consécration matinale sur France 2
C’est sur Europe 1 que Faustine Bollaert fait ses premières armes en tant que chroniqueuse, développant cette capacité d’écoute et cette spontanéité qui deviendront sa signature. Michel Drucker, figure tutélaire du PAF français, repère rapidement son potentiel unique. Le taulier de Vivement Dimanche explique avoir intégré la jeune journaliste parce qu’il savait que « son sourire et son côté bosseuse plairaient aux femmes ». De 2006 à 2010, elle occupe une place de choix sur le mythique canapé rouge, apprenant auprès d’un maître de l’animation les subtilités du métier et développant cette proximité avec le public qui caractérise aujourd’hui son style.
Cette période formatrice sur France 2 lui permet d’affiner sa compréhension du média télévisuel et de développer une intelligence émotionnelle remarquable. Contrairement à de nombreux animateurs qui privilégient la performance ou le spectacle, Faustine Bollaert construit son approche sur l’authenticité et la sincérité. Ces années d’apprentissage lui enseignent également la discipline et la rigueur nécessaires pour maintenir l’attention d’un public matinal, souvent pressé mais fidèle.
L’animatrice emblématique de C’est au programme depuis 1999
Après son passage remarqué dans Vivement Dimanche, Faustine Bollaert s’envole vers M6 pour une nouvelle aventure professionnelle qui s’avère être un parcours en demi-teinte. Si son animation du Meilleur Pâtissier aux côtés de Cyril Lignac rencontre un succès notable, d’autres projets comme Rising Star ne parviennent pas à convaincre le public. Loin de la décourager, ces expériences contrastées renforcent sa détermination. Comme elle le confie lors d’une interview, « le parcours de tout le monde est fait de réussites et d’échecs », ajoutant que face aux audiences quotidiennes, « c’est comme si
c on passait notre bac tous les matins ». Chaque émission devient alors une épreuve à relever, un test permanent qui façonne une animatrice plus aguerrie, plus sûre de ses choix éditoriaux et de sa façon d’entrer en contact avec le public.
Ce rapport très lucide à la réussite et à l’échec contribue à forger une image d’animatrice accessible, loin de toute posture distante. En partageant ses doutes et ses remises en question, Faustine Bollaert crée une proximité rare avec les téléspectateurs, qui se reconnaissent dans ce parcours fait de hauts et de bas. C’est aussi cette sincérité qui, plus tard, nourrira son succès dans les émissions de témoignages et de société, là où la confiance est le socle de toute relation avec ceux qui acceptent de se livrer devant des millions de personnes.
Les passages marquants dans affaire conclue et toute une histoire
Si l’on associe aujourd’hui spontanément Faustine Bollaert à Ça commence aujourd’hui, son influence s’inscrit dans la lignée d’autres grands rendez-vous de témoignages et de vie quotidienne, comme Toute une histoire ou Affaire conclue, qui ont marqué durablement la télévision de l’après-midi. Ces programmes ont façonné un nouveau rapport entre les Français et leur écran : moins de distance, plus de vécu, plus de récits intimes partagés en confiance. À travers eux, le public a appris à rechercher des animateurs capables d’écouter vraiment, plutôt que de simplement enchaîner les séquences.
Dans Toute une histoire comme dans Affaire conclue, la dimension humaine a toujours été centrale. Les téléspectateurs ne venaient pas uniquement pour le sujet annoncé, mais aussi pour la façon dont l’animatrice accueillait la parole des invités, recadrait une émotion trop vive ou relançait un récit douloureux. Cette grammaire télévisuelle – faite de regards, de silences, de questions ouvertes – a ouvert la voie au style Bollaert. En observant ces formats et leurs codes, elle a pu affiner sa propre manière de recevoir les confidences : jamais intrusive, mais jamais absente non plus.
On voit ainsi comment le succès de Ça commence aujourd’hui s’inscrit dans un héritage plus large du magazine de société français. Les émissions de l’après-midi ont progressivement quitté le registre purement divertissant pour embrasser celui de l’accompagnement, qu’il soit émotionnel, social ou même thérapeutique. Faustine Bollaert, en devenant le visage emblématique de ce type de programmes, cristallise une attente nouvelle : celle d’une animatrice à la fois journaliste, confidente et médiatrice. C’est précisément cette triple casquette qui lui vaut, année après année, une place de choix dans les classements des animateurs préférés des Français.
La stratégie de fidélisation du public à 13h45
Dans ce contexte, la case de l’après-midi – autour de 13h45-14h – joue un rôle stratégique. Il s’agit d’un créneau charnière, situé entre les journaux télévisés de la mi-journée et les programmes de flux plus légers, où se construit une relation de fidélité avec un public souvent disponible et récurrent. En installant un rendez-vous quotidien comme Ça commence aujourd’hui à cette heure-là, France 2 a misé sur une consommation régulière, presque rituelle, de télévision. Les téléspectateurs retrouvent chaque jour les mêmes codes visuels, le même décor, le même ton, ce qui crée une forme de sécurité émotionnelle.
La fidélisation du public repose aussi sur une ligne éditoriale claire : des thématiques fortes (famille, amour, résilience, reconstruction) et une promesse constante d’authenticité. Les sujets abordés parlent directement au vécu des Français, qu’il s’agisse de harcèlement scolaire, de deuil, de recomposition familiale ou de grandes histoires d’amour. En choisissant des angles concrets et des titres d’émission qui résonnent avec l’expérience de chacun, la production et l’animatrice transforment le téléspectateur en participant silencieux de la discussion. Qui ne s’est jamais surpris à se demander, en regardant l’émission : « Et moi, comment aurais-je réagi à sa place ? »
À cela s’ajoute une stratégie de rythme et de mise en scène. Le découpage en témoignages successifs, la présence d’experts en plateau, le recours subtil à l’illustration par des photos ou des archives contribuent à maintenir l’attention. Mais le véritable ciment, c’est la constance de la présence de Faustine Bollaert, qui devient une figure quasi familiale. On retrouve chez elle ce que les spécialistes du média appellent une « présence de proximité » : à force d’entrer chaque jour dans les foyers, elle finit par faire partie du quotidien des téléspectateurs, comme un membre de la famille que l’on écoute après le déjeuner.
Les techniques d’animation qui façonnent son succès à l’antenne
La proximité émotionnelle et l’empathie comme piliers relationnels
Le succès d’une animatrice de talk-show de société ne repose plus uniquement sur la maîtrise du prompteur ou la fluidité des lancements. Aujourd’hui, ce sont la proximité émotionnelle et l’empathie qui font la différence. Faustine Bollaert l’a bien compris : son style repose d’abord sur une vraie capacité à se mettre à la place de l’autre, sans pour autant voler la vedette à ses invités. Comment parvient-elle à cet équilibre délicat ? En alternant écoute silencieuse, validation verbale (« je comprends », « c’est très courageux de le dire ») et interventions mesurées.
Sur le plateau, elle n’hésite pas à montrer ses propres émotions : larmes contenues, sourire attendri, froncement de sourcils lorsqu’un témoignage choque ou bouleverse. Loin d’être un signe de faiblesse, cette transparence renforce la crédibilité de son empathie. Elle dit à demi-mot au téléspectateur : « Vous avez le droit d’être touché, moi aussi je le suis ». Dans un paysage audiovisuel où beaucoup de figures publiques cultivent le contrôle absolu, voir une animatrice laisser transparaître ses ressentis crée une forme de connivence très puissante.
Cette proximité émotionnelle tient aussi à sa façon d’utiliser les pronoms personnels. Elle parle souvent au « vous » pour s’adresser à l’invité, en gardant un ton chaleureux, parfois ponctué de « on » inclusif quand il s’agit de parler des peurs ou des blessures que nous partageons tous. Ce simple glissement linguistique fait basculer la conversation de l’interview à la confidence. Pour la télévision de l’après-midi, c’est un atout majeur : on ne regarde plus seulement une émission, on a l’impression d’assister à une conversation que l’on pourrait soi-même avoir dans son salon.
La gestion des témoignages sensibles dans les talk-shows de l’après-midi
Traiter de sujets sensibles – suicide des ados, harcèlement, violences familiales, maladie, deuil – exige une rigueur et une éthique particulières. Faustine Bollaert rappelle souvent que « l’on ne sort pas intacte » de ce type d’émission. Comment, dès lors, encadrer ces récits pour qu’ils aident les téléspectateurs sans les accabler ? La première clé réside dans la préparation : chaque invité est accompagné en amont, les thématiques sont balisées et des professionnels (psychologues, experts juridiques, travailleurs sociaux) sont présents en plateau ou en coulisses pour prendre le relais si nécessaire.
En direct ou en léger différé, l’animatrice joue un rôle de garde-fou émotionnel. Elle sait quand relancer un invité qui se ferme, mais aussi quand lever le pied si les larmes deviennent trop envahissantes. Une phrase comme « on va prendre le temps » ou « si vous avez besoin de souffler, on est là » fonctionne alors comme un sas de décompression. Cette gestion fine du rythme est essentielle : trop de pathos ferait basculer l’émission dans le voyeurisme, trop de distance la rendrait froide et désincarnée.
La télévision de l’après-midi, lorsqu’elle touche à l’intime, fonctionne un peu comme un cabinet de thérapie collectif à ciel ouvert. La différence, c’est que des millions de personnes assistent à la séance. D’où l’importance de recadrer régulièrement les témoignages vers des messages d’espoir, de prévention ou de reconstruction. En fin d’émission, on veille souvent à rappeler des numéros d’écoute, des associations ou des ressources en ligne, pour que les téléspectateurs qui se reconnaissent dans ce qui a été dit ne restent pas seuls avec leurs émotions. C’est ici que le rôle social d’une animatrice comme Faustine Bollaert prend toute son ampleur.
L’art du rebond conversationnel et de la reformulation active
Derrière l’apparente spontanéité d’une conversation en plateau se cache un véritable art du rebond. L’animatrice doit sans cesse choisir : quelle phrase reprendre ? Quel détail creuser ? Quelle émotion mettre en lumière sans la déformer ? Faustine Bollaert maîtrise particulièrement bien la reformulation active, cette technique qui consiste à redire, avec ses propres mots, l’essentiel de ce qu’un invité vient de confier. « Si je vous comprends bien, à ce moment-là vous vous êtes sentie… » ; « Donc, en fait, ce qui vous a sauvé, c’est… ». Ces phrases ont un double effet : elles sécurisent l’invité – qui se sent entendu – et guident le téléspectateur dans des récits parfois complexes.
L’art du rebond conversationnel, c’est aussi savoir créer des ponts entre les différents témoignages d’une même émission. Dans Ça commence aujourd’hui, les invités sont souvent réunis autour d’un thème commun, mais leurs histoires restent très singulières. En pointant les similitudes (« Vous avez vécu quelque chose de semblable, mais vous y avez répondu différemment »), l’animatrice tisse une toile narrative qui donne du sens à l’ensemble. On passe alors d’une juxtaposition de récits individuels à une réflexion collective sur un sujet de société.
On peut comparer ce travail à celui d’un chef d’orchestre : chaque invité joue sa propre partition, avec sa sensibilité, sa temporalité, mais c’est à l’animatrice d’harmoniser le tout. Un rebond mal placé, une plaisanterie au mauvais moment, et l’on casse la magie de la confidence. À l’inverse, une reformulation juste, une relance qui tombe au bon moment, et le témoignage prend soudain une profondeur nouvelle. Pour les professionnels de l’audiovisuel, analyser ces séquences est une mine d’or pour comprendre ce qui distingue une bonne animatrice d’une figure réellement incontournable.
Le langage corporel et la communication non-verbale face caméra
Si les mots comptent, le corps parle tout autant. Sur les plateaux de France Télévisions, Faustine Bollaert utilise le langage corporel comme un véritable outil de mise en confiance. Sa posture légèrement inclinée vers l’invité, les mains ouvertes, le regard direct mais jamais insistant : autant de signaux non verbaux qui disent « je suis avec vous ». La façon dont elle se penche en avant lorsque le récit se fait plus douloureux, ou au contraire se recule un peu pour laisser l’autre respirer, participe à créer un espace de parole sécurisé.
Face caméra, cette maîtrise de la communication non-verbale joue aussi un rôle dans la relation avec le téléspectateur. Un sourire au moment de relancer après une publicité, un hochement de tête lorsqu’un invité dit quelque chose de choquant, un silence assumé plutôt qu’une relance précipitée : ces micro-gestes construisent une image d’animatrice sincère et présente. Comme dans une conversation en tête-à-tête, on sent que son attention ne se disperse pas, même lorsqu’il faut jongler avec le temps antenne, les conducteurs et les contraintes de réalisation.
Pour les jeunes professionnels qui rêvent de suivre cette voie, observer cette gestuelle est un véritable cours de communication. On y voit comment l’animatrice occupe l’espace sans le saturer, comment elle partage le cadre avec ses invités plutôt que de le monopoliser. À l’ère des réseaux sociaux et des vidéos courtes, cette maîtrise du langage corporel devient un atout décisif : un simple regard bien capté peut faire le tour d’Internet et résumer, en quelques secondes, la philosophie d’une émission entière.
L’évolution stylistique et l’image de marque sophie davant
Le vestiaire signature : colorimétrie et choix vestimentaires stratégiques
Au-delà de leur voix et de leur personnalité, les grandes animatrices du paysage audiovisuel français construisent aussi leur succès à travers une image de marque visuelle forte. On le voit chez Faustine Bollaert comme chez Sophie Davant : le choix des couleurs, des coupes et des matières n’est jamais laissé au hasard. À l’antenne, les teintes pastel, les bleus doux, les blancs lumineux ou les tonalités poudrées dominent souvent. Elles renvoient à une idée de douceur, de bienveillance, parfaitement alignée avec des émissions de témoignages ou de proximité.
Ce vestiaire signature remplit plusieurs fonctions. D’abord, il crée une continuité visuelle pour le public : d’une émission à l’autre, on retrouve une palette et un style qui deviennent rapidement indissociables de l’animatrice. Ensuite, il répond à des contraintes purement télévisuelles : certaines couleurs passent mieux à l’image, flattent le teint et évitent les effets de scintillement. Enfin, il permet de se distinguer subtilement des autres visages du PAF, dans un univers où la concurrence est aussi visuelle que symbolique.
On pourrait comparer ce travail à celui d’une identité de marque dans le monde de l’entreprise. De la même manière qu’un logo et une charte graphique véhiculent des valeurs, le vestiaire d’une animatrice renvoie inconsciemment à des notions de sérieux, de modernité ou de proximité. En choisissant des silhouettes à la fois élégantes et accessibles, ni trop ostentatoires ni trop banales, Faustine Bollaert comme Sophie Davant entretiennent cette impression de « femme d’à côté » à laquelle on peut s’identifier, tout en conservant le statut d’icône télévisuelle.
La collaboration avec les stylistes du PAF français
Derrière chaque tenue aperçue à l’écran se cache un travail d’équipe mené avec les stylistes des chaînes. Ces professionnels connaissent les contraintes des plateaux, des lumières, des caméras HD et des formats 16:9. Ils savent quels imprimés éviter, quelles coupes privilégier en position assise, quelles textures captent trop ou pas assez la lumière. Pour une animatrice très exposée comme Faustine Bollaert, qui multiplie les apparitions dans Prodiges, La Boîte à secrets ou Les Enfants de la télé, cette collaboration est devenue incontournable.
Les stylistes jouent également un rôle de conseil dans la construction d’un style cohérent sur le long terme. Ils aident à doser les effets de mode pour ne pas se retrouver avec des silhouettes datées au bout de quelques saisons, tout en insufflant suffisamment de nouveauté pour que le public sente une évolution. Cette alchimie entre constance et renouvellement est essentielle à la longévité d’une image de marque personnelle. Là encore, on retrouve la même logique qu’en communication de marque : rester fidèle à son ADN tout en s’adaptant aux tendances du moment.
Pour les téléspectateurs, cette dimension visuelle nourrit l’attachement à l’animatrice. Beaucoup de fans commentent les tenues sur les réseaux sociaux, partagent leurs coups de cœur, s’inspirent de certains looks pour leur propre quotidien. Ce dialogue autour de l’apparence, loin d’être superficiel, prolonge en réalité le lien créé à l’antenne. Il donne le sentiment de participer, d’une certaine manière, à la vie professionnelle de cette figure familière que l’on retrouve chaque jour à la télévision.
Le personal branding sur les réseaux sociaux et instagram
À l’heure où la présence numérique est devenue incontournable, le personal branding des animatrices se joue aussi en dehors du plateau. Instagram, en particulier, est devenu le prolongement naturel de l’antenne. Faustine Bollaert y partage des coulisses de tournage, des moments en famille, des lectures, mais aussi des messages de soutien aux invités de Ça commence aujourd’hui. Cette transparence mesurée permet de nourrir une relation plus horizontale avec la communauté : on ne s’adresse plus seulement à des « téléspectateurs », mais à des abonnés, à des personnes identifiées, capables de répondre, de commenter, de débattre.
Ce travail de présence digitale renforce l’impression d’authenticité, à condition d’être cohérent avec ce que l’on renvoie à la télévision. Dans le cas de Faustine Bollaert, on retrouve sur les réseaux la même bienveillance, le même humour discret, la même attention portée aux histoires humaines. Les publications liées à des causes sociales, à la parentalité ou au bien-être émotionnel viennent prolonger le rôle de médiatrice qu’elle occupe dans ses émissions. Vous l’avez sans doute déjà ressenti : lorsqu’une personnalité médiatique se montre alignée entre écran et réseaux, la confiance s’installe presque naturellement.
Pour les professionnels des médias, cette cohérence entre image télévisuelle et présence en ligne est désormais un enjeu stratégique majeur. Un post Instagram maladroit peut avoir autant d’impact qu’une séquence diffusée en prime time. À l’inverse, une communauté engagée peut soutenir un programme en difficulté, relayer des extraits marquants, participer à des sondages ou des appels à témoignages. C’est dans ce va-et-vient permanent entre écran et réseau que se construit, jour après jour, la stature d’ »animatrice qui a conquis le cœur des Français ».
Les audiences et la performance dans le paysage audiovisuel français
Les classements comme celui de TV Magazine ou des Télé-Loisirs Awards ne sont que la partie la plus visible d’une réalité plus complexe : celle des audiences et de la performance dans un paysage audiovisuel en pleine mutation. Entre 2023 et 2025, Faustine Bollaert a connu une trajectoire paradoxale : première femme à atteindre la tête du classement des animateurs préférés, puis légère baisse jusqu’à la quatrième place en 2025, tout en restant la personnalité féminine la mieux classée. Comment interpréter ce mouvement ? Non pas comme un désamour, mais comme le signe d’une concurrence accrue et d’une offre de plus en plus diversifiée.
Les chiffres d’audience de Ça commence aujourd’hui restent solides, avec une base de fidèles qui se maintient malgré l’arrivée de nouvelles plateformes et la fragmentation des usages. La force du programme réside dans sa capacité à générer du replay et du bouche-à-oreille numérique : de nombreux extraits circulent sur les réseaux sociaux, touchant des internautes qui ne regardent plus la télévision en linéaire. De plus en plus, le succès d’une animatrice se mesure autant à sa capacité à créer des séquences « virales » qu’à ses parts de marché sur une tranche horaire donnée.
Dans ce contexte, la performance de figures comme Cyril Féraud, Nikos Aliagas ou Karine Le Marchand – souvent en tête des sondages – ne remet pas en cause la place de Faustine Bollaert, mais dessine un podium très serré où quelques points de pourcentage seulement séparent les favoris. On assiste à une redistribution régulière des cartes, en fonction des programmes phares du moment, des événements médiatiques ou des changements de chaîne. Pour les observateurs, cette compétition illustre surtout la vitalité du paysage audiovisuel français, capable de faire coexister des styles très différents : du divertissement pur au magazine de société, en passant par les jeux ou les grands shows musicaux.
La diversification professionnelle : production et entrepreneuriat médiatique
Comme beaucoup de personnalités installées, Faustine Bollaert ne se contente plus d’être un simple visage d’antenne. Sa carrière témoigne d’une diversification croissante vers la production de contenus, l’écriture et même l’entrepreneuriat médiatique. La publication de son livre inspiré de Ça commence aujourd’hui, rassemblant des récits marquants de l’émission, illustre cette volonté de prolonger l’expérience télévisuelle sous une autre forme. On y retrouve la même attention aux histoires de vie, la même façon de mettre les anonymes en lumière, mais cette fois dans un format que le public peut s’approprier à son rythme.
Parallèlement, le lancement d’initiatives numériques comme Safe Zone sur YouTube montre à quel point les frontières entre télévision classique et plateformes en ligne se sont estompées. En investissant ces nouveaux territoires, l’animatrice anticipe les usages des générations plus jeunes, qui consomment l’information et les témoignages principalement via leur smartphone. Cette démarche relève d’une forme d’entrepreneuriat médiatique : il s’agit de construire un écosystème de contenus cohérent, où chaque support – télé, livre, podcast, vidéo web – nourrit et enrichit les autres.
Dans les années à venir, on peut s’attendre à voir émerger davantage de formats produits ou co-produits par les animateurs eux-mêmes, à l’image de ce que l’on observe déjà dans d’autres pays. Cette montée en puissance du rôle de producteur permet de garder la main sur la ligne éditoriale, de tester des idées plus audacieuses et de développer une marque personnelle forte. Pour une animatrice autant identifiée à une émission que Faustine Bollaert, c’est aussi une façon d’assurer une forme de continuité, au-delà des aléas de grille ou de chaîne.
L’impact culturel et la place dans l’inconscient collectif français
Au final, qu’est-ce qui fait qu’une animatrice finit par s’inscrire dans l’inconscient collectif français ? Ce n’est ni un seul programme, ni un record d’audience isolé, mais un faisceau d’éléments répétés sur la durée : une voix, un sourire, une manière d’accueillir la parole, une présence récurrente à heures fixes. Comme Sophie Davant hier, comme Karine Le Marchand ou Faustine Bollaert aujourd’hui, ces figures féminines de la télévision deviennent les témoins silencieux de nos vies quotidiennes. Elles accompagnent les déjeuners, les après-midis, parfois les moments de solitude, et finissent par faire partie du décor émotionnel de plusieurs générations.
L’impact culturel de Faustine Bollaert tient d’abord à la place qu’elle accorde aux anonymes. À l’instar de Jean-Luc Delarue avant elle, elle met « les anonymes en majesté », selon les mots de ses proches collaboratrices. En donnant une tribune aux histoires ordinaires, elle contribue à normaliser des sujets longtemps tabous : la dépression post-partum, les familles recomposées, les violences conjugales, les parcours de résilience. Cette visibilité a un effet concret sur la société : elle encourage la parole, favorise la prise de conscience, et parfois même déclenche des démarches de soins ou de justice.
On mesure aussi cet impact à la manière dont les téléspectateurs s’adressent à elle lors des rencontres publiques ou en messages privés. Beaucoup lui confient suivre l’émission comme une forme de soutien moral, d’autres expliquent avoir trouvé le courage de parler après avoir vu un témoignage similaire au leur. Ce capital de confiance ne se décrète pas, il se construit patiemment, émission après émission, question après question. Dans un monde médiatique souvent critiqué pour sa superficialité, voir une animatrice se faire reconnaître pour son écoute et sa bienveillance en dit long sur les aspirations du public.
À long terme, les visages qui marquent le plus la télévision française sont ceux qui auront su incarner une époque tout en dépassant les modes. En devenant, en 2023, la première femme élue animatrice préférée des Français, puis en se maintenant au sommet des classements malgré l’arrivée de nouveaux concurrents, Faustine Bollaert a déjà écrit une page importante de cette histoire. Sa façon d’aborder la douleur, l’amour, la maternité, la reconstruction, inscrit son image dans un registre profondément humain. Et c’est sans doute là que se joue, plus que dans les chiffres d’audience, le véritable critère : lorsqu’une animatrice devient, pour tout un pays, la voix qui accompagne les histoires de vie, c’est qu’elle a bel et bien conquis le cœur des Français.